Première cause de maladies professionnelles en France, et les métiers assis ne sont pas épargnés
Quand on parle de troubles musculo-squelettiques, on pense souvent à la manutention, aux gestes répétitifs en usine ou au port de charges lourdes. Pourtant, une part importante des TMS déclarés chaque année concerne des salariés qui travaillent assis, devant un écran, dans des métiers de bureau. Douleurs cervicales, tensions dans les épaules, douleurs lombaires ou au poignet : ces troubles ne sont pas réservés aux métiers physiques.
Les TMS, une réalité qui touche aussi les métiers de bureau
En France, les troubles musculo-squelettiques constituent depuis de nombreuses années la première cause de maladies professionnelles reconnues, tous secteurs d’activité confondus, près de 90 % des cas reconnus en 2024, selon l’Assurance Maladie, Risques professionnels .
Cette réalité concerne directement les postes de bureau : rester assis plusieurs heures sans bouger, travailler avec un écran mal positionné ou solliciter en continu les mêmes muscles pour taper ou utiliser une souris sont autant de situations qui peuvent, à la longue, générer des tensions puis des douleurs chroniques.
L’idée reçue selon laquelle les TMS seraient uniquement liés à des métiers « physiques » a la vie dure. Dans les faits, la sédentarité prolongée est elle-même un facteur de risque à part entière : elle réduit la mobilité articulaire, favorise les tensions musculaires et ralentit la récupération du corps entre deux sollicitations.
D’où viennent les TMS ? Trois familles de facteurs, pas un seul geste
Un TMS ne résulte que rarement d’un geste isolé. L’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) distingue généralement trois familles de facteurs qui se combinent : les facteurs biomécaniques (postures prolongées, répétition des gestes, efforts), les facteurs organisationnels (rythme de travail, manque de pauses, faible marge de manœuvre sur l’organisation de ses tâches) et les facteurs psychosociaux (stress, charge mentale, manque de reconnaissance).
Cette distinction a une conséquence concrète : améliorer uniquement l’ergonomie d’un poste, sans jamais interroger le rythme de travail ou le niveau de tension au quotidien, donne rarement des résultats durables. La prévention efficace des TMS agit sur plusieurs leviers en même temps, pas sur un seul.
Un poste de travail mal réglé, un facteur sous-estimé
Certains réglages simples restent pourtant trop souvent négligés. Le haut de l’écran devrait se situer au niveau des yeux, à une distance d’environ 50 à 70 cm, pour éviter de pencher la tête vers l’avant ou vers le bas pendant plusieurs heures. Les avant-bras devraient former un angle proche de 90 degrés au clavier, les pieds reposer à plat au sol (ou sur un repose-pieds), et le bas du dos être soutenu par le dossier du siège plutôt que de rester en appui dans le vide.
Un détail change souvent la donne : la position de la souris. Trop éloignée du clavier, elle oblige à tendre l’épaule de façon répétée tout au long de la journée, ce qui peut, à terme, contribuer à des tensions au niveau de l’épaule et du poignet.
Nous détaillons ces réglages poste par poste dans L’écran : conseils d’ergonomie , et les mettons en pratique dans notre programme de prévention des maux de bureau
Les pauses et le mouvement, un levier trop souvent négligé
Le corps humain n’est pas conçu pour rester immobile plusieurs heures d’affilée, même dans une posture correctement réglée. Se lever quelques minutes toutes les 45 à 60 minutes, marcher pendant un appel téléphonique ou simplement changer de position permet de relancer la circulation et de relâcher les tensions accumulées.
Certaines entreprises introduisent aujourd’hui de courtes séances d’échauffement musculaire avant les postes les plus sollicitants physiquement, sur un principe proche de celui utilisé dans le sport : préparer le corps avant l’effort plutôt que de le solliciter à froid. Cette logique, encore peu répandue dans les métiers de bureau, commence à s’étendre à des gestes simples de mobilisation des épaules, de la nuque et du dos avant une journée de travail, c’est l’objet de notre atelier échauffement avant prise de poste
L’organisation de l’espace de travail joue également sur la fréquence de ces micro-pauses : nous y revenons dans Réorganiser son espace de travail pour mieux se concentrer.
Une responsabilité qui dépasse le seul salarié
La prévention des TMS ne repose pas uniquement sur les bons réflexes individuels. Le Code du travail impose à l’employeur une obligation générale de prévention des risques professionnels, qui inclut les risques liés aux TMS (articles L. 4121-1 et suivants). Cette obligation se traduit concrètement par l’évaluation des risques (document unique d’évaluation des risques professionnels), l’adaptation des postes de travail et l’implication des instances comme le CSE ou le service de santé au travail.
Un salarié qui ressent une gêne persistante, même légère, a donc tout intérêt à en parler rapidement : à son manager, au service de santé au travail, ou à son médecin traitant. Une douleur qui s’installe et qu’on laisse « pour voir si ça passe » est souvent plus difficile à traiter qu’une gêne identifiée et prise en charge dès son apparition.
Ce qu’il faut retenir
Prévenir les TMS au bureau ne se limite pas à ajuster la hauteur d’un écran une fois pour toutes. C’est une combinaison de plusieurs leviers qui, mis bout à bout, réduisent progressivement le risque : un poste correctement réglé, des pauses réellement prises, une attention portée au rythme de travail, et une vigilance partagée entre le salarié et l’employeur. Aucun de ces éléments pris isolément n’élimine le risque, mais leur répétition dans la durée fait une différence sur le confort au travail.
ATID Consulting accompagne les entreprises sur la prévention des troubles musculo-squelettiques , du diagnostic de poste aux ateliers sur site.
Sources : INRS — TMS, statistiques ; Assurance Maladie — Risques professionnels ; Code du travail, articles L. 4121-1 et suivants.
À propos d’ATID Consulting
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